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Le développement des espaces de coworking en France et en Ile-de-France est en pleine expansion et le marché de ces nouveaux lieux de travail tend à se transformer avec l’arrivée de gros opérateurs étrangers sur le marché français. Pour autant, les espaces de travail collaboratif français gardent des spécificités qui leur sont culturellement propres. Après la 1ère étude réalisée l’an dernier par Bureaux à Partager (BAP) et La Fonderie, nous avons renouvelé la démarche fin 2015 en partenariat avec BAP et le Collectif des Tiers-Lieux, structure qui a pour ambition de faire mieux connaître au grand public l’existence des lieux et des méthodes de travail collaboratifs pour développer et renforcer leur activité. Nous publions donc une nouvelle infographie, tirée des résultats de cette enquête plus récente et pouvons ainsi comparer et montrer certaines tendances.

Précision sur l’enquête : Cette nouvelle enquête porte sur des espaces de travail partagé de type coworking, fablabs et télécentres en France. Elle ne comprend ni les centres d’affaires ni tout autre lieu connecté dans lequel tout-un-chacun est susceptible de travailler. Le taux de réponse obtenu est de 34%.


Focus Île-de-France
Quand la Fonderie s’est lancée dans l’accompagnement de ces espaces sur le territoire francilien fin 2011, seule une vingtaine de lieux avaient déjà vu le jour sur Paris. Aujourd’hui, nous en dénombrons plus de 160 en Île-de-France, parmi lesquels 70 ont obtenu un financement de la Région Île-de-France. De nombreux autres projets sont en cours !

Belle progression en 5 années riches de projets divers et variés !


Des données inédites 

Avec les années – nombre croissant de lieux et recul sur leur expérience – certaines données deviennent plus faciles à observer. Ainsi, par exemple, nous avons pu évaluer le temps moyen mis par les espaces pour arriver à l’équilibre budgétaire. 49% des répondants l’ont trouvé en moins d’un an, ce qui, auparavant, du fait de la méconnaissance de ces lieux, pouvait prendre au moins 18 mois selon la taille du lieu. Le portage statutaire de ces lieux est variable mais il ressort que 57% sont le fait d’entreprises (PME/TPE/Coopérative), les autres statuts pouvant être des associations (39%) ou des collectivités (4%).

Seulement 11% de ces lieux sont totalement financés par les fondateurs. A contrario, 2,5% sont financés à 100% par des subventions publiques. Les modes de financement sont donc largement hybrides faisant appel aux subventions publiques (parfois), aux emprunts bancaires, aux prises de participation privées, au crowdfunding… et bien sûr aux fonds propres des fondateurs.


Eléments de comparaison entre 2014 et 2015 et tendances

Les recensements de BAP et de La Fonderie ont permis d’identifier une centaine de lieux supplémentaire en France, passant ainsi de 250 à 360 espaces. En terme de prix, alors que le coût hors Paris reste à l’identique, celui dans Paris est sensiblement inférieur à l’année dernière. Peut-être est-ce du à l’effet de concurrence plus prononcé sur Paris qui comprend près de 80 lieux ?

Sur ces deux années d’enquête, nous identifions quelques tendances, comme :

  • Une majorité d’espaces sont de taille « moyenne » (21 à 50 postes), et seulement 11% sont plus grands.
  • Des lieux qui trouvent leur rythme de croisière avec un taux de remplissage très satisfaisant pour 65% d’entre eux.
  • Le bouche à oreille reste le moyen le plus utilisé pour se faire connaître suivi par les réseaux sociaux. Les partenariats quant à eux gagnent deux places sur le podium !
  • Des logiciels de gestion dédiés, qu’ils soient en vente sur le marché ou développés spécifiquement, sont les plus utilisés par les gestionnaires de lieux.
  • Une progression du nombre d’événements. Si les « ateliers » tendent à prendre le dessus sur les « apéros », les moments de convivialité (apéro, petit déjeuner, déjeuner) restent les principaux types d’événements organisés.
  • Enfin, si les moyens de communication vers l’extérieur s’appuient essentiellement sur le bouche à oreille et les réseaux sociaux, le mail demeure le principal outil pour la communication entre les membres.

L’infographie

infographie-fonderie-bap-2015

A PROPOS DE L'AUTEUR

Marie-Hélène Féron
Marie-Hélène Féron

Diplômée en Sciences de la communication de l’Université de Montréal (Master) et de l’Université de Paris II (DEA), Marie-Hélène a débuté son parcours professionnel avec l’arrivée des tous premiers réseaux câblés. « Numérique & usages » restent le fil conducteur de son parcours jusque dans son action en tant que chargée de mission à La Fonderie, qui porte plus particulièrement, sur les nouveaux modes et lieux de travail (espaces de travail collaboratif) mais aussi sur l’e-inclusion.