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Au-delà du succès populaire qui, chaque année, ne se dément pas, l’édition 2014 du salon de l’agriculture a vécu à son tour son virage numérique. Innovations, objets, méthodes, il nous fallait aller voir sur place, entre les animaux, les produits régionaux et les agriculteurs gouailleurs, si le geek était dans le pré. Retour de visite par la fondeuse Maria Nadejde.

Cette année, le Salon de l’Agriculture accorde une place importante aux nouvelles technologies.

Cela se voit d’abord dans les dispositifs de communication en ligne de l’événement : page Facebookcompte Twitter, YoutubeFlickr,  application mobile pour guider les visiteurs. L’offre était complète.

Dès l’entrée des pavillons, les éléments de « mise en scène numérique » sont présents : animations interactives sur le site, utilisation de la réalité augmentée,  visite en 3D dans la ferme virtuelle de l’Odyssée végétale… On retrouve également, des quizz sur les plantes, le pilotage virtuel d’un drone ou même d’une moissonneuse batteuse très intelligente, tout y est pour ‘immerger’ les visiteurs dans le quotidien de l’agriculteur moderne.

Ce qui frappe le plus, c’est la multiplication d’exemples concrets d’innovations technologiques, certains en prototypage, d’autres déjà commercialisés, le tout au service d’une agriculture de précision.

Le message est clair : le numérique accompagne la production raisonnée, et ça commence aujourd’hui. Dans les champs ou à la ferme, grâce à des technologies avancées, on récolte des informations au plus près des plantes et animaux, et le résultat est parlant : meilleure performance technique, économique, et réduction de l’impact environnemental.

Des outils précieux donc, au service des agriculteurs, des chercheurs, et des consommateurs finaux.

Visite :

Des robots et drones, pour une agriculture de haute précision, économe en eau, engrais et pesticides

Ce drone, aux faux-airs d’abeille géante, développé par la start-up Airinov que l’on pouvait découvrir sur le stand de l’INRA.
Léger et facile à manipuler par les agriculteurs mêmes, le drone survole les parcelles cultivées et détermine avec précision les besoins du sol en engrais.
Cela est possible grâce à un capteur photo qui mesure la « réflectance » (la quantité de lumière réfléchie par les feuilles). Le capteur qui permet la cartographie a été mis au point par L’INRA et l’aile volante, guidée par GPS,  a été conçue par Parrot.

Pour plus d’informations : http://www.airinov.fr/
https://www.sensefly.com

Toujours sur le stand de l’INRA, un autre drone, en expérimentation, permettrait des économies d’eau et de diminuer l’utilisation des pesticides.
Grâce à une caméra thermique, le drone prend des photos et mesure les besoins en eau des cultures. Il permet également une application plus ciblée des produits pesticides, en repérant avec plus de précision les zones où poussent les mauvaises herbes.

Le petit robot de désherbage localisé guidé par GPS, avec capteur infrarouge.
Monté sur roues, guidé par GPS, le robot porte une rampe de buses et circule dans le champ, projetant entre les rangs des faisceaux lumineux rouges. Dès qu’il identifie du feuillage, il projette directement une quantité d’herbicides. Un ciblage très précis, qui réduit substantiellement les quantités des produits désherbants utilisées et limite donc les risques environnementaux et sanitaires.

Des nouvelles technologies au service d’un élevage performant et durable
Le stand de l’INRA nous offre un large panel d’objets connectés, y sont présentés plusieurs dispositifs d’élevage innovants (capteurs, automates), l’objectif étant le même : permettre aux éleveurs de suivre au plus près les besoins des animaux (alimentation, santé, bien-être), meilleure prise en charge donc, tout en réduisant l’impact environnemental des élevages .

Avec notamment :

  • l’utilisation de la caméra 3D en élevage, pour suivre la croissance de la vache laitière et ajuster son alimentation ;
  • des capteurs pour composer le menu idéal, personnalisé, de l’animal adapté à ses besoins nutritionnels et ayant un faible impact environnemental;
  • un dispositif de détection automatisé de chevauchements pour identifier la survenue des chaleurs chez la brebis.

Ce dernier, breveté par l’INRA et SupAgro, est  développé par la société Wallace. Les méthodes actuelles, fastidieuses et imprécises, d’observation visuelle des chevauchements peuvent être remplacées par l’utilisation d’un détecteur électronique permettant de reconnaître à tout moment les femelles qui auront été chevauchées.

Des applications pour être informés et agir

« Agiir » (pour « alerter et gérer les insectes invasifs et/ou ravageurs »), une application mobile pour lutter contre les frelons asiatiques et autres parasites.

L’INRA vient de lancer une application mobile qui permet de reconnaître un insecte invasif,  signaler sa présence dans un endroit donné et apprendre à les gérer de façon écoresponsable.

Un concours pour les startups
Les deux derniers jours du Salon ont été l’occasion pour l’INRA, en partenariat avec Montpellier Agro, d’organiser un concours de créativité et d’innovation pour « faire se rencontrer, travailler et créer ensemble, tous les acteurs et parties prenantes de l’agriculture de demain ».

La Startup est dans le pré a réuni le temps d’un weekend l’ensemble des acteurs que les innovateurs mettent généralement plusieurs mois à constituer : des consultants, des élus engagés, des chefs d’entreprises et des porteurs de projets passionnés, des accompagnateurs au service de l’entreprise, le soutien des institutions départementales et régionales…

Qu’on se rassure tout de même, le salon de l’agriculture demeure cette formidable exposition du savoir-faire agricole de notre pays et l’occasion de pouvoir admirer des animaux de la taille d’une camionnette.

Pour autant, entendre parler « hackathon », « co-»  ou « Barcamp » indique bel et bien que quelque chose a changé dans le secteur de l’agriculture.

L’édition 2015 s’annonce déjà excitante !

A PROPOS DE L'AUTEUR

Karine Goldberg