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La Fonderie, agence publique numérique d’Île-de-France, après 3 années dans le XIIe arrondissement de Paris, vient de prendre ses quartiers dans le XIXe au sein d’un parc immobilier totalement restauré à partir d’anciens entrepôts sucriers, désormais certifié HQE (haute qualité environnementale) et BBC Rénovation (bâtiment basse consommation).

L’agence a voulu imaginer un espace qui reflète ses missions et sa volonté de « penser et fabriquer l’innovation numérique ». Comme souvent, les projets naissent d’une rencontre, ce fut le cas ici. Après avoir auditionné plusieurs architectes, c’est avec l’Office Parisien d’Architecture et sa flamboyante patronne Marie-Jo Barthélémy que nous avons pu accoucher d’un projet qui nous ressemble, mêlant à la fois la tradition et la modernité, les codes du numérique tel qu’il se construit et les clins d’œil à l’histoire industrielle de la France.

Internet est une rue
Pour nous, Internet est un espace public, avec ses conséquences heureuses ou moins heureuses. Dès lors, notre idée de départ était assez singulière : Imaginer une rue, un peu comme aurait pu le faire Alexandre Trauner, le décorateur génial des films de Marcel Carné. L’entreprise ADR de Montreuil a relevé le défi en fabriquant et plaquant un véritable décor de cinéma sur les cloisons vitrées traditionnelles présentes à l’origine. Comme dans une rue commerçante traditionnelle, chaque bureau se veut ainsi une boutique-atelier typique avec des enseignes inspirées des années 30. Celles-ci ont été conçues et réalisées par Geoffroy Valadon de Studio Subito, un vrai artiste avec lequel nous avons dorénavant de nombreux projets. Chacune d’entre elles illustre les missions des fondeurs :

  • « Hackarium » des experts en cartographie et hacking des datas,
  • « Maison de la Presse » pour la communication,
  • « La Fabrique » pour les graphistes,
  • « Le Transformateur » pour les experts du collaboratif et de la mutation numérique de l’économie traditionnelle…

L’Atelier
La Fonderie ne pouvait pas ne pas avoir son propre atelier pour fabriquer, hacker et prototyper certain de ses projets.
Ce petit « fablab » (laboratoire de fabrication), cœur des bureaux se destine aux fondeurs, à tous les fans de bidouille, de hacks en tout genre et surtout aux visiteurs curieux. Il est ouvert pour que chacun puisse s’appuyer sur La Fonderie pour préfigurer son projet. Si l’espace est petit, il s’équipe peu à peu notamment grâce à l’aide amicale de Leroy Merlin, de Facom et de Ckab, partenaires de « making » de La Fonderie.

Du bois, du métal… et des morceaux d’histoire.
Reprenant le principe d’un container, le coin-cuisine devient lui aussi un vecteur de l’histoire industrielle de la France avec en guise des robinets d’usine transformés en poignées de porte, des lampes historiques du fabricant français Gal qui a tenu à participer à l’aménagement en offrant deux modèles anciens retrouvés au fond de son entrepôt. Des histoires de belles rencontres et d’amitié.

Des espaces originaux et ouverts
La Fonderie toujours dans une volonté de « co » et « open » a imaginé une pièce toute particulière : la « brainstorm room », salle de réflexion dont la totalité des murs est composée de tableaux blancs favorisant le foisonnement et l’échange d’idées. Plus étonnant encore, le « bureau mobile » incarne la mobilité du travail et le nomadisme d’une part de plus en plus importante de salariés et d’indépendants. Cette structure unique d’abord dessinée sur un coin de nappe a été conçue par l’Office Parisien d’Architecture, mise au point et fabriquée par les métallos géniaux de CFIM, entreprise de Seine-et-Marne et leur bureau d’étude BECS.

Le Made in France, partout où cela est possible
La Fonderie défend avec force le Made in France, dès lors, nous ne pouvions qu’utiliser l’un des totems mondiaux du design français : des chaises « A » Tolix, belles et increvables, dessinées en 1934 par Xavier Pauchard. Nous avons le plaisir de recevoir de nombreuses délégations étrangères d’Europe, d’Amérique et d’Asie, curieuses de savoir ce que nous faisons ici, l’occasion était trop belle de les asseoir sur cet exemple du savoir-faire français, toujours fabriqué à Autun en Saône-et-Loire.

Des objets connectés, évidemment.
Et parce que nos locaux n’auraient pas de sens si son espace n’était pas utilisé comme un « bac à sable » d’innovation, nous allons multiplier les installations et tester toutes les innovations possibles en situation, avec l’appui chaleureux, mais exigeant de l’équipe de La Fonderie. D’ailleurs nous faisons appel à vous, les inventeurs, les savants fous, les centres de recherche, les labos de PME ou de grands groupes : vous pouvez venir tester ici, in vivo, vos inventions. C’est open, non-profit et au service de l’innovation et de l’emploi.

DO IT YOURSELF as possible
Militants du making, du passage à l’acte et du travail collaboratif, nous avons pu mener notre projet en exécutant nous-mêmes une partie des travaux. Chacun, dans des moments de creux ou un peu en dehors des heures légales, a donné un vrai coup de main pour repousser les limites que nous imposait un budget contraint. Peinture, vissage, aménagement, finition, nombreux ont été les fondeurs à conjuguer une journée de travail avec un intense exercice de bricolage.

Innovateurs du numérique, vous êtes chez vous !
A présent, il nous reste à faire vivre le lieu, en faire une adresse emblématique, creuset de projets tous plus utiles en ambitieux. Acteurs du numérique, en France, en Europe et dans le monde, vous êtes ici chez vous. N’hésitez pas à venir nous voir et à nous présenter vos projets.

Crédits photos : Benjamin Boccas

A PROPOS DE L'AUTEUR

Marianne Baulez
Marianne Baulez

Après un cursus de Lettres Modernes appliquées à La Sorbonne et une première expérience dans la rédaction web, Marianne a rejoint la Fonderie fin 2014 en tant que que community manager et rédactrice web. En plus de ses missions de communication, elle est également en charge de projets d’agriculture urbaine.